3 actions que tout le monde peut faire pour améliorer son impact social

Temps de lecture : 6 minutes

 

Mon dernier article sur La part du pélican vous a bien plu, et je vous avais promis une suite, la voici !

 

Parfois on a envie de bien faire mais on ne sait pas comment. Parfois on croit bien faire, mais les résultats de nos actions sont soit minimes (alors qu’on y a mis beaucoup d’efforts), soit contreproductifs (si si, ça arrive).

Alors quand on a vraiment envie de bien faire, on adopte une approche ouverte et rationnelle qui consiste à étudier les méthodes les plus efficaces pour améliorer les conditions de vie des individus. Si on se rend compte qu’on va dans la mauvaise direction, on accepte de changer, ce qui est souvent plus facile à dire qu’à faire, car ça implique de changer nos croyances initiales. Cette approche s’appelle l’altruisme efficace, et comme il y a plein de gens qui ont déjà réfléchi au sujet (des philosophes, des économistes, des chercheurs,…), je vous propose ici un petit résumé de 3 actions que tout le monde peut faire, quel que soit son boulot ou sa situation. 

 

  • Faire des dons et les orienter là où ils contribueront le plus à réduire la souffrance

 

Pour les personnes qui disposent de davantage de ressources que ce dont elles estiment avoir besoin pour vivre confortablement, une manière facile d’améliorer la vie des autres est de faire des dons à des organisations efficaces.

 

Scoop : tu es super riche !

Le site GWWC (Giving What We Can) permet de situer les revenus de son ménage par rapport aux revenus la population mondiale. L’outil est calibré pour prendre en compte les différences de coût de la vie dans les différents pays, donc quand on dit qu’une personne vit avec 1$/jour, ça signifie qu’elle vit avec ce que 1$ peut acheter aux USA, pas l’équivalent de ce que ça pourrait acheter dans son pays.

À titre personnel je trouve ce site très utile car il permet de prendre un peu de recul sur la manière dont on considère les gens “riches” dans notre société. Lorsqu’on voit passer des articles qui incriminent les 1% ou 5% les plus riches d’accaparer les ressources, de se verser les dividendes, etc., cela a pour effet de nous situer, lecteur, en dehors de cette niche de privilégiés. Un petit tour sur GWWC, et on constate qu’avec un SMIC, un adulte en France fait partie des 13% de la population mondiale la plus riche. Avec mon salaire d’ingénieure, je gagne plus que 90% des Français (ce à quoi je m’attendais), mais au niveau planétaire, je fais partie des 3% les plus riches (!).

 

Avoir cette vision globale ne me conduit pas à nier les souffrances de la population française qui vit dans une situation de précarité, ou à dire que puisqu’il y a pire ailleurs il ne sert à rien de chercher à améliorer la justice sociale chez nous. Cela me permet de mieux comprendre la réalité des inégalités à l’échelle internationale, leur ampleur, et à mieux imaginer les modes de vie de personnes dont je suis éloignée géographiquement et médiatiquement (ne pas les côtoyer et peu en entendre parler fait qu’il est plus difficile de ressentir de l’empathie, alors qu’elles ne le méritent pas moins). Cela m’aide également à reconnaître que même si ce qui m’appartient est le fruit de mon travail (scolaire puis professionnel), ce travail n’a pu s’effectuer que grâce à une base qui est totalement extérieure à mes efforts (pays développé, en paix, soutien familial, système de santé,…).

Exemple d’organisation qui fait l’objet d’une évaluation régulière et qui axe son développement sur la transparence et l’efficacité des interventions : GiveDirectly

Détailler l’univers des organisations efficaces pourrait faire l’objet d’un billet de blog entier (et on me dit dans l’oreillette qu’on devrait bientôt retrouver des recommandations sur le site altruismeefficacefrance.org). Les causes que j’ai décidé de soutenir sont la lutte contre la pauvreté extrême et la protection animale. J’avais déjà présenté la Against Malaria Foundation dans cet article. Si ça vous intéresse, et si vous voulez que je précise vers quelles organisations j’oriente mes dons, n’hésitez pas à me le dire en commentaire, je ferai un article dessus !

 

  • Militer en utilisant des techniques qui ont fait leurs preuves

Tout comme notre niveau de revenus dépend un peu de nous et beaucoup de notre contexte de naissance, notre capacité d’influence est largement augmentée par notre appartenance à une société développée et démocratique (je fais l’hypothèse que vu que tu lis ce blog tu n’élèves pas des chèvres dans un village Masaï).

Sur les sujets de développement international, de changement climatique, de ruptures technologiques, les pays développés disposent d’un poids important, et en tant que citoyens de ces pays, on a normalement la possibilité de faire entendre notre voix (même si parfois on perd un peu confiance dans le fonctionnement du système démocratique).

De mon côté je n’ai jamais fait la démarche d’écrire à un·e élu·e pour lui demander de défendre tel ou tel sujet, mais peut-être que ça viendra (notamment pour ce qui concerne la disponibilité d’options végétariennes dans les institutions publiques : écoles, hôpitaux, maisons de retraite, etc.).

En ce qui concerne la lutte contre les souffrances liées à l’élevage industriel, des organisations se sont spécialisées dans l’évaluation de l’efficacité des actions militantes. C’est un domaine où il est assez facile d’être contreproductif en se focalisant sur des interventions inefficaces. S’intéresser à la psychologie et à l’histoire des mouvements sociétaux est particulièrement intéressant pour atteindre plus rapidement son objectif (rayer les mentions inutiles) de diminuer fortement la consommation mondiale de viande / fermer les abattoirs / faire du tofu le plat préféré des Français.

 

À votre avis, est-il plus efficace de (attention il y a un intrus dans le lot !) :

  • mener des enquêtes cachées dans les élevages et les abattoirs ?
  • sensibiliser les entreprises à leur méthodes d’approvisionnement pour quelles les changent ?
  • hurler ‘GO VEGAN’ dans l’oreille de tous les gens qu’on croise ?
  • distribuer des tracts ?
  • éduquer les enfants pour qu’ils comprennent les effets de l’élevage industriel sur les animaux, l’environnement, la santé ?

 

Pour avoir plus d’infos sur ces méthodes de militantisme, rendez-vous chez ACE (Animal Charity Evaluators), sur le super blog de Tobias Leenaert veganstrategist.org (en français), ainsi que dans cette vidéo très inspirante de Jacy Reese (conférence TEDx de 13 minutes environ, sous-titres en français) :

 

  • Aider les autres à améliorer leur impact social en les accompagnant sur la définition de leurs objectifs et des moyens à mettre en oeuvre pour y arriver (hey, mais ça serait pas un peu le but de ce blog??)

Et dans l’hypothèse où on n’a pas d’argent disponible pour des dons, et pas d’influence pour faire changer les choses ? Bah on est tout nul. Non, reste, c’est pas vrai ! On peut encore faire plein de choses ! (#craquagedefindarticle)

Même si on n’a pas de possibilité d’avoir soi-même une influence (financière ou militante), on connaît probablement quelqu’un qui le peut. Quelques exemples de gestes qui permettent d’orienter l’argent des autres :

 

  • demander comme cadeau de Noël ou d’anniversaire une cagnotte pour une association : les personnes se cotisent, et ensuite si on est imposable et qu’on choisit une association reconnue d’intérêt général ou d’utilité publique, on peut multiplier la somme collectée par 3 (déduction fiscale de 66%) ou 4 (déduction de 75% pour les organismes d’aide aux personnes en difficulté) – j’en avais déjà parlé ici,

 

  • se renseigner auprès de son entreprise pour savoir si elle a une politique de mécénat, et le cas échéant, l’accompagner pour qu’elle fasse le choix d’ONG dont l’efficacité est reconnue,

 

  • discuter de ces sujets avec des personnes de son entourage, il est probable que certaines aient pour habitude ou pour souhait de faire des dons réguliers, auquel cas on peut les aider à choisir les causes qui leur importent, et à sélectionner les meilleures ONG au sein de ces causes.

 

On peut aussi bien sûr avoir un impact en travaillant directement pour une organisation, en tant que bénévole ou salarié, et il y a certainement plein d’autres bonnes idées que je n’ai pas listées ici… À vous de jouer dans les commentaires !

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