La part du pélican

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Face au déferlement médiatique anxiogène qui nous entoure, on est nombreux à ressentir vivement le besoin de faire évoluer les choses, d’inventer de nouvelles façons d’habiter, de consommer, de travailler, de vivre en société. Le succès de films comme “Demain” (Cyril Dion, 2015) ou “On a 20 ans pour changer le monde” (Hélène Médigue, 2017) sont le reflet de cette envie collective d’aborder avec enthousiasme la partie solutions, maintenant que le constat de la dégradation de nos écosystèmes est bien passé dans les mentalités.

        

Le mouvement des colibris s’inscrit dans la lignée de cette énergie positive et citoyenne qui entoure les propos de Pierre Rabhi, Cyril Dion et bien d’autres. Son nom s’inspire de la légende du colibri :

 

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! « 

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

 

Cette légende est jolie, elle a le mérite de favoriser l’engagement en déculpabilisant les individus : tu n’as pas besoin d’être un grand de ce monde pour faire changer les choses, chacun, aussi petit soit-il, avec ses moyens, peut participer au mouvement de la transition écologique et énergétique.

Les personnes qui s’engagent dans ce voyage de réinvention de nos modes de vie ne le font pas que sur le papier : cela se traduit en projets concrets d’habitats partagés, d’agro-écologie, de coopératives d’énergie renouvelables, et j’en oublie !

Lors de mes réflexions des années passées, j’ai envisagé la possibilité de me diriger progressivement vers ce type de projet, associant frugalité et écologie, pour vivre un quotidien matériellement simple mais plus riche de liens humains et respectueux de notre environnement naturel.

 

Elle fait quelle taille “ma part” ?

C’est à ce stade de réflexion, un peu dégoûtée du monde et avec la furieuse envie de contribuer à en inventer un meilleur, que j’ai découvert le site 80000hours.org. Ce site fournit énormément de ressources aux personnes qui souhaitent utiliser leur carrière pour avoir un impact positif. En particulier un article intitulé “Can one person make a difference?” aborde de manière chiffrée les possibilités pour un individu d’améliorer les conditions de vie de ses contemporains et des individus du futur.

Cette lecture m’a aidé à comprendre que mes convictions écologiques avaient pour origine mon empathie envers les humains du futur qui subiront des conditions de vie dégradées par rapport à celles des générations précédentes (sécheresses, migrations, catastrophes naturelles, guerres…).

 

En regardant ce mouvement colibriesque avec cet oeil nouveau de réduction de la souffrance, j’ai réalisé que celui-ci avait essentiellement deux conséquences positives :

 

  • Si la transition vers un mode de vie sobre et écologique est menée à fond, on peut espérer quasiment annuler notre propre empreinte écologique, voire participer à des projets de régénération de l’environnement.

 

  • Si cette transition se fait d’une manière qui apparaît désirable de l’extérieur (grâce à des efforts de communication), il est possible d’embarquer de plus en plus de personnes vers ce mode de vie plus durable. C’est d’ailleurs probablement là que se situe l’impact principal à long terme des pionniers qui explorent aujourd’hui d’autres manières de faire société.

 

On ne va pas couper l’herbe sous le pied des colibris engagés dans cette démarche, c’est déjà génial, et si tout le monde faisait ça*, le monde irait beaucoup mieux. Mais à titre individuel, on peut aussi se poser cette question, sans préjuger de la réponse : en y investissant le même temps et la même énergie, m’est-il possible de faire plus ? S’il ne faut pas nier les bienfaits de ce mode de vie, je n’ai pas non plus envie de l’ériger comme réponse universelle à tous les problèmes du monde.

*ce qui est une hypothèse pas super réaliste, le CAC40 ne va pas déménager demain dans un espace de co-working partagé zéro-déchet dans la Drôme…

 

Le mouvement des pélicans

Le 1er avril la newsletter du Mouvement des Colibris nous a fait cadeau de cette blague :

 

 

Alors que j’avais déjà en tête cet article, j’ai eu envie de leur demander : Pourquoi ? Pourquoi le 1er avril ? Pourquoi serait-ce une blague ? Dans la légende du colibri, il fait certes sa part, mais la forêt part tout de même en flammes. On a effectivement besoin que même les colibris fassent leur part, mais qui a décidé que nous étions des colibris, et pas des toucans, des pélicans ou une armée de canadairs ?

 

Comment améliorer son impact social ?

Si on continue avec cette allégorie de la forêt en feu, disons que cet incendie représente non pas la dégradation de notre écosystème, mais la quantité de souffrance ressentie dans le monde (une partie de cette souffrance, actuelle et future, étant en effet due à la dégradation de notre écosystème).

Contribuer à éteindre l’incendie consiste alors à réduire la souffrance. Sont concernés bien sûr les individus humains, mais aussi plus largement tous les êtres sentients, c’est-à-dire les individus capables de ressentir la souffrance, et donc la plupart des animaux.

En tant que citoyen·nes, deux axes complémentaires sont activables pour contribuer à réduire la souffrance :

 

  • Diminuer nos contributions négatives : autant que possible, éviter de créer de la souffrance inutile au travers de nos choix de vie et de consommation (je te laisse faire le lien avec le fait d’arrêter de manger des produits d’origine animale ou je l’écris noir sur blanc ? oups, trop tard).

 

  • Augmenter nos contributions positives : en tant que résident d’un pays développé, on a un bec bien plus large que ce qu’on imagine pour arroser la forêt en feu. Dans le prochain article je vous propose 3 actions que tout le monde peut faire pour améliorer son impact social !

 

Alors petit colibri, prêt à enfiler ton costume de super pélican ?? 

Ça se passe par ici : 3 actions que tout le monde peut faire pour améliorer son impact social !

1 commentaire sur “La part du pélican

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