Mes 3 premiers mois avec un budget

Temps de lecture : 8 min

 

OK je viens de conclure dans le dernier article que la sobriété n’était pas nécessairement une étape du chemin vers l’indépendance financière. Et aujourd’hui j’arrive avec un gros article sur la gestion du budget… ¿Ma, porqué? 

Pas de panique, c’est un peu long, mais il y a un gif en bas !

 

Pourquoi faire un budget ?

J’avoue avoir le luxe de n’avoir jamais eu besoin de faire un budget, à part à quelques moments précis pendant mes études ou en début de carrière (du genre emménagement, frais d’agence à payer, …). En vivant à Paris sur deux salaires d’ingénieurs et sans enfant, on est épargnés des galères de fin de mois. Pourquoi alors décider de tenir un budget ?

Parce que si je ne décide pas ce que j’ai envie de faire de mes sous, d’autres vont en décider pour moi. L’argent et le temps sont deux ressources qui ont tendance à se comporter comme des gaz : si on ne leur met pas de limites, elles vont emplir tout l’espace disponible.

C’est tellement facile d’acheter des choses simplement parce qu’on peut et qu’un marketing approprié nous en a donné envie. Comment savoir si cet achat nous éloigne d’objectifs plus importants pour nous ? Si on n’a pas défini nos objectifs, et si on ne les a pas traduits en usage de notre argent, on n’a aucun moyen de savoir si on pilote correctement le contenu de notre compte en banque.

 

YNAB = You Need A Budget

YNAB est une entreprise américaine qui s’est fait un nom parmi les adeptes des finances personnelles, grâce à une approche à la fois pédagogique et fun. Scoop, faire son budget peut être plaisant ! Un petit tour sur leur site web, leurs offres d’emploi, et leur chaîne YouTube te fait rapidement comprendre à qui tu as affaire.

Le principe du budget façon YNAB ce n’est pas seulement de savoir combien on dépense par catégorie (façon reporting). L’idée est d’aboutir à une maîtrise de son argent qui soulage de tout stress financier et permette de réaliser ses projets (ambiance vision stratégique). Et ça change tout.

 

Il y a quatre règles d’or quand on budgette avec YNAB :

 

  • Rule 1 : Give every dollar euro a job

La première règle n’est pas la plus simple, car donner un rôle à chacun de nos euros impose d’avoir réfléchi à nos objectifs. Par exemple si j’ai pris l’habitude d’épargner un peu tous les mois sur un livret ou un PEL, mais que je ne sais pas vraiment pourquoi je fais ça, comment savoir si j’épargne la bonne somme ? s’il faudrait que j’épargne plus ? ou au contraire si je peux me permettre de dépenser plus ? Une fois ses objectifs définis et les euros dispatchés en accord avec ceux-ci, on peut arrêter de culpabiliser à la moindre dépense un peu importante : si elle était prévue dans le budget, alors on sait qu’on ne rogne sur rien !

 

  • Rule 2 : Embrace your true expenses

Certains évènements plus ou moins prévisibles peuvent venir sérieusement bousculer un budget : les cadeaux de Noël, un voyage, un smartphone noyé, etc. L’idée derrière la règle n°2 est de regarder en face ces grosses dépenses, et de les prendre en compte dans son budget mensuel. Mettre de côté 50€ par mois toute l’année permet d’avoir une cagnotte de 600€ en prévision des cadeaux de Noël. Les évènements “imprévisibles” sont rarement totalement imprévisibles : on sait très bien qu’on est susceptible d’avoir un ordi, un téléphone ou une machine à laver qui tombe en panne, auquel cas il nous faudrait le remplacer. Donc autant prévoir une ligne pour cela dans son budget. L’objectif est que le paiement de ces choses autrefois exceptionnelles et stressantes devienne boring, car déjà anticipées et planifiées.

 

  • Rule 3 : Roll with the punches

Donc une fois qu’on a bien prévu toutes ses dépenses à venir et qu’on a donné une mission à chacun de ses euros, arrive la partie dite “de la vraie vie”. On ne dépense pas comme on a budgété. Et ce qui est cool, c’est que ce n’est pas grave. Par exemple si on a prévu un budget de 50€ pour le restaurant et qu’on en dépense finalement 75, on a juste à prendre les 25€ manquants dans une autre catégorie en surplus. Ce n’est pas un échec d’avoir mal anticipé les dépenses, c’est juste une façon plus flexible de voir les choses.

Tout l’intérêt du budget réside dans le fait d’être informé·e qu’on a une décision à prendre, et que dépenser 25€ ici nous enlève 25€ là-bas. Ensuite tout est une question de priorités !

 

  • Rule 4 : Age your money

Peut-être la règle la plus importante de YNAB qui nous incite à payer nos dépenses du jour avec nos euros gagnés hier. C’est particulièrement utile pour les personnes qui payent toutes leurs dépenses avec des cartes à débit différé, et attendent le jour de paye en fin de mois pour simultanément être payées et débitées (et voir leur compte revenir à 0). Étant déjà dans la situation où je paye mes dépenses de Février avec le salaire de Janvier, je vais utiliser cette règle pour essayer d’aller un peu plus loin, et payer mes dépenses de Mars avec mon salaire de Janvier. Plus d’infos sur ce concept et son utilité ici.

 

Périmètre du budget pour les personnes en couple

Pour les personnes qui font le choix de partager leur vie, YNAB recommande de partager ses comptes. Même si je comprends l’idée, cela s’éloigne trop aujourd’hui de notre manière de gérer notre argent. Ayant ouvert fin 2017 un compte joint après plus de 4 ans sur Splitwise, on vient déjà de changer notre manière de mettre nos finances en commun, et pour l’instant c’est un pallier qui nous convient bien.

Tous les mois nous faisons chacun un virement du même montant sur le compte joint, qui sert ensuite aux dépenses… jointes (habile) (loyer, internet, électricité, courses, restaurants, abonnement Spotify, billets de train, etc.). Faire uniquement les comptes de mon compte courant serait donc un peu inutile, puisque j’omettrais l’essentiel des dépenses de la vie courante. Il me faut donc faire un budget pour mes dépenses + nos dépenses communes. Mr Fric Ethic se mettra peut-être prochainement à faire son propre budget, actuellement ce n’est pas sa priorité, donc on en reste au périmètre {Mrs + commun}.

 

Démarrage

Pour se mettre dans le bain et comprendre la mécanique de YNAB il faut un petit temps d’acclimatation. Ils l’ont bien compris, et proposent une période d’essai gratuite de 34 jours. Je l’avais faite l’an dernier et n’avais pas donné suite. Puis comme par magie en janvier, j’ai à nouveau eu droit à 34 jours gratuits pour tenir mes bonnes résolutions de l’année. Pile quand j’hésitais à m’inscrire (chez YNAB ils sont très forts, en relation client !). Ce nouveau démarrage s’est fait beaucoup plus facilement car j’avais déjà compris les bases du budget façon YNAB. Le blog et les vidéos de Jesse, le fondateur, sont super bien faites pour se lancer, à condition de comprendre l’anglais.

 

Utilisation quotidienne

YNAB propose une intégration des principaux services bancaires américains mais pas des banques françaises. Je rentre donc à la main toutes mes dépenses. Ça peut sembler laborieux, mais comme l’interface utilisateur est bien pensée, ça se fait en quelques clics en ligne ou sur l’appli. Les premiers mois cela dit, j’ai passé pas mal de temps à vérifier que tout était bien à jour, surtout tant que les prélèvements mensuels n’étaient pas automatisés. Une fois qu’ils sont tous passés une première fois et enregistrés comme “recuring” dans YNAB, il y a moins de boulot.

L’outil permet aussi d’ajouter une catégorie “Cash”, que j’ai renommée “Cash & Tickets Restaurants”, et qui me permet de suivre toutes mes dépenses payées avec ces moyens de paiement (quand je retire du liquide au distributeur, cela n’est pas enregistré comme une dépense mais comme un transfert de mon compte courant à mon porte-monnaie ; ce n’est que lorsque je dépense le liquide que la dépense est comptabilisée). Il est intéressant de suivre ses dépenses en liquide lorsqu’elles sont importantes. Si cela ne représente que quelques dizaines d’euros par mois, ce n’est pas forcément la peine.

 

Mes objectifs du trimestre

 

  1. Prendre l’habitude de faire mon budget mensuel et de rentrer toutes mes dépenses
  2. Connaître la capacité d’épargne maximale qui ne rogne pas (trop) sur mon style de vie
  3. Épargner pour meubler mon prochain investissement locatif

J’ai également en tête que tenir mon budget régulièrement me permettra d’atteindre plus facilement un objectif assez ambitieux de dons, qui fera l’objet d’un prochain article pour lui tout seul 😉

 

Résultats

Après trois mois d’utilisation je peux déjà dire que l’objectif n°1 est rempli : mes prélèvements mensuels sont tous programmés, et c’est devenu un automatisme de rentrer mes dépenses au quotidien. Je commence également à avoir une base pour savoir combien je dépense chaque mois en alimentation, habillement, sorties restaurant, transports, etc., ce qui me permettra éventuellement de me fixer des objectifs de réduction pour orienter de l’argent ailleurs. J’ai également commencé à mettre de l’argent de côté pour meubler un appartement de 106 m² qui comporte 4 chambres et que je souhaite proposer à la rentrée prochaine en colocation meublée (j’avais l’expérience sur un studio, mais un T5 ce n’est plus le même budget !). 

Il me reste à définir mes objectifs du trimestre à venir, à garder de la flexibilité, à vérifier que je n’ai pas oublié de catégories importantes (on me parle d’un budget à prévoir pour organiser une grosse fête des 30 ans…), à faire le lien entre budget, épargne, don, investissement et indépendance financière et à continuer à m’amuser en gérant mon tout nouveau budget !

 

Cet article n’est pas sponsorisé, mes commentaires sont le reflet des mes premières expériences avec le site et l’appli. Cela dit si tu as envie de souscrire un abonnement, tu me le dis avant, je te parraine, et on gagne chacun 1 mois gratuit. C’est dit !

 

Tiens, un gif pour clore cet article, sinon je sens la crise de manque arriver :

Et toi, tu as toujours eu un budget depuis ton premier argent de poche ? Ou au contraire l’idée de suivre tes dépenses te file des boutons ?

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