L’indépendance financière, pour quoi faire ?

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Que feriez-vous si vous étiez indépendant financièrement ? Rentier, retraité, bénéficiaire d’un revenu universel suffisant pour vivre, peu importe le moyen, pourvu que vous n’ayez plus besoin de travailler pour couvrir l’ensemble de vos besoins.

C’est une question qui anime pas mal les débats sur le revenu universel, entre ceux qui pensent qu’une fois le revenu touché plus personne ne travaillera, et ceux qui estiment que les gens auront simplement d’autres activités, toujours utiles mais pas nécessairement rémunératrices.

Côté blogs sur l’indépendance financière, il est très courant de croiser la route de globe-trotters, qui profitent de leur indépendance acquise pour aller vivre où bon leur semble et faire rêver la toile avec des plages paradisiaques.

 

Pour le côté paradisiaque on repassera…

 

Depuis quelques années, je sais que j’ai pour projet de devenir indépendante financièrement, et ce sans attendre la retraite. Si je n’avais au départ qu’une idée assez floue de ce que je ferais de mon temps dans cette situation (ça me semblait juste plus cool que d’être dans un bureau de 9h à 19h), j’ai depuis fait évoluer ma conception de la vie professionnelle.

 

L’indépendance financière est un moyen, et non une fin

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’indépendance financière, je n’étais pas très épanouie professionnellement, et l’idée de gagner ma vie sans travailler, pour ensuite aller vivre sobrement dans une tiny house dans la Drôme me paraissait assez séduisante.

 

Et puis j’ai découvert le site 80000hours.org qui explique quelle différence on peut faire avec sa carrière, et il y a tellement à dire que ça fera l’objet d’un prochain article ! En attendant, revenons à nos moutons d’indépendance financière. Même si le projet ne consiste plus exactement à aller se dorer la pilule à la plage, il reste plusieurs excellentes raisons de chercher à se construire une indépendance financière.

 

3 raisons principales pour lesquelles je souhaite être indépendante financièrement

 

1. Pour la retraite

En France nous cotisons à un système de retraites par répartition. Cela signifie que les charges prélevées sur les salaires des actifs servent à payer les retraites de nos anciens. Ce système fonctionne à condition qu’il y ait suffisamment d’actifs et suffisamment peu de retraités. Il est donc particulièrement sensible à la démographie et au dynamisme de l’économie. L’allongement de la durée de vie et la baisse des naissance sont des paramètres qui risquent fort de fusiller la retraite par répartition d’ici à ce que ma génération ait une chance d’en bénéficier. En pratique il y avait en 1960 1 retraité pour 4 cotisants. Ce ratio est passé à moins de 2 aujourd’hui, et risque de descendre à 1,2-1,4 selon les projections de l’INSEE d’ici 2050 (ça se passe par ici si tu as envie d’en savoir plus). Pour rattraper ce décalage, si on souhaite conserver un mode de retraite par répartition, il n’y a pas 1000 solutions mais 3 leviers principaux sur lesquels agir :

  • baisser le nombre de retraités en retardant l’âge de départ,

Baisser le nombre de retraités, option B…

  • baisser le montant des retraites,
  • augmenter les prélèvements sociaux sur les actifs

Et il s’agira plus probablement d’un petit cocktail des trois. Ou alors d’une refonte complète du système pour intégrer une part de capitalisation, comme nos amis anglo-saxons.

Dans les deux cas, ça signifie qu’on risque de voir passer de grosses manifs dans les rues dans les décennies à venir.

A titre personnel je n’ai rien contre le fait d’avoir une vie professionnelle jusqu’à 60-65 ans, mais je ne suis pas certaine d’avoir encore la frite physique et intellectuelle pour poursuivre jusqu’à 70-75 ans. Et peut-être qu’à cet âge là j’aurai juste envie de faire autre chose, comme acheter un van et me faire enfin le roadtrip Pan-America si je ne l’ai pas fait avant. Ou faire l’éducation financière de mes petits-enfants.

 

2. Pour être libre de mes choix professionnels

Si demain mon activité salariée ne me satisfaisait plus, je veux avoir le choix :

  • de dire ce que je pense en toute liberté de ton à ma direction d’entreprise, pour essayer de faire changer les points négatifs (on est beaucoup plus convaincu et convaincant quand la survie de notre portefeuille ne dépend pas directement de notre interlocuteur…),

La gestion de ta carrière quand le salariat n’est pas ta seule source de revenus : allégorie. 

  • de la quitter librement sans être obligée de passer par une (hypothétique) case rupture conventionnelle pour toucher le chômage,
  • de décider de me consacrer entièrement à une activité entrepreneuriale, associative, artistique, peu ou pas rémunératrice, et ce sans avoir à cramer mon épargne pendant 6, 12 ou 24 mois.

Autant de bonnes raisons de diversifier mes sources de revenus !

 

3. Pour préserver un équilibre vie pro / vie familiale

L’indépendance financière peut aussi être une demie-indépendance (ou un quart ou un cinquième), pour venir compléter une baisse de revenus liée à un temps partiel par exemple. Je ne suis pas aujourd’hui concernée par le délicat équilibre à trouver entre vie professionnelle et vie de parents, mais ce que j’en observe autour de moi, c’est que ça n’a pas l’air simple. Collègues au bout du rouleau, cernés, baillant en réunion, vie de couple qui souffre des arbitrages nécessaires pour se partager les tâches, et bien souvent obligation pour l’un des deux parents de revoir ses ambitions professionnelles à la baisse pour se dégager du temps. Lorsque le moment viendra de passer d’une vie de couple à 2 à une vie de famille à 3, je souhaite avoir le choix de poursuivre une activité à temps plein ou de réduire un peu les voiles, sans perdre en niveau de vie.

 

Enfin une dernière raison bonus

Si j’arrive à gagner considérablement plus que ce dont j’ai besoin pour vivre (mettons par exemple que je cumule une indépendance financière partielle et une activité professionnelle plaisante), alors je peux décider d’augmenter mon pourcentage de dons. De là à faire exprès de gagner plus pour donner plus, il y a un pas que les partisans de l’option Earning to Give franchissent allègrement. Je n’en suis pas (encore ?) là, mais si déjà je peux m’assurer une retraite confortable après une carrière bien remplie, en donnant régulièrement à des associations caritatives, ça sera comme ça :

 

T’inquiète en 2060, on s’ra bien bien bien !

 

Et toi, l’indépendance financière ça te tente ? Tu en ferais quoi ?

1 commentaire sur “L’indépendance financière, pour quoi faire ?

  1. « Si demain mon activité salariée ne me satisfaisait plus, je veux avoir le choix de dire ce que je pense en toute liberté de ton à ma direction d’entreprise, pour essayer de faire changer les points négatifs (on est beaucoup plus convaincu et convaincant quand la survie de notre portefeuille ne dépend pas directement de notre interlocuteur…) »
    => Je ne crois pas qu’être riche soit nécessaire pour avoir cette liberté d’esprit. En tout cas, je ne suis pas riche (mais j’ai un assez bon diplôme) et ça ne m’a jamais empêché de bouger d’une entreprise à une autre quand j’en avais envie (j’ai 28 ans).

    « Et toi, l’indépendance financière ça te tente ? Tu en ferais quoi ? »
    => Honnêtement, ça m’effraye. Mais comme ça ne risque pas de m’arriver d’un coup, je suis tranquille !
    Harari y réfléchit un peu et ça laisse entrevoir l’étendue de l’armaggedon psychologique que causera la fin du travail obligatoire. Passionnant et flippant.

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