3 idées pour un Noël plus éthique

Temps de lecture : 7 min

 

Ah Noël, ce passage obligatoire de fin d’année, adoré de certain·e·s, détesté des autres… Entre les retrouvailles en famille, l’explosion de glycémie à chaque repas, le stress du mois de décembre pour préparer les cadeaux, la joie et l’innocence des plus petits, les traditions religieuses, le tsunami marketing, les cadeaux empoisonnés revendus juste après ou planqués au fond d’un tiroir, c’est une période particulièrement intense.

Et justement parce que c’est une période intense, il me paraît important de se rappeler ce que l’on a envie de célébrer au travers de cette fête, et de remettre un peu d’intention dans notre manière de dépenser et de donner. Le poids sociétal de Noël est très fort en France, et on a souvent l’impression qu’il faut faire les choses d’une certaine manière, sans quoi on risque de vexer sa famille, ses ami·e·s, attaché·e·s à la tradition.

 

Que fête-t-on à Noël ?

L’époque du solstice d’hiver était une période très importante pour nos ancêtres : enfin, les jours rallongent, on invoque la divinité solaire et de nombreuses manifestations viennent célébrer la fertilité, la maternité, et l’astronomie. En 321 l’empereur fait même du dimanche un jour non travaillé en hommage à la divinité du Soleil Invaincu (d’où l’appellation Sunday en anglais). Le jour du solstice d’hiver est ainsi célébré comme le jour de la naissance du soleil. Cette date est choisie car de nombreuses fêtes païennes existent déjà à cette époque, et qu’elle permet d’unifier religieusement l’Empire romain, et de se rassembler autour d’une même croyance.

un spectacle aussi joli mérite d’avoir un jour férié rien que pour lui

Avec l’arrivée du christianisme, la célébration de la naissance de Jésus vient s’ajouter aux cultes existants, puis les remplacer totalement lorsque les fêtes païennes sont interdites (en 380). Il est d’ailleurs probable que la naissance de Jésus n’ait pas eu lieu le 25 décembre, mais que cette date ait été choisie, à nouveau, car la tradition d’une célébration était déjà existante, et que cela facilitait la transition d’un système de croyances à un autre.

De nos jours, la fête de Noël n’a plus grand chose de religieux, elle est entrée dans le domaine public en devenant un jour férié, dédié au regroupement familial autour d’un repas festif et à l’échange de cadeaux. C’est également une période qui a une grande importance sur le plan commercial, avec des entreprises qui font une large part de leur chiffre d’affaire au cours du dernier trimestre (67 milliards d’euros en France en 2016).

ça ferait une jolie hotte, non ?

N’étant pas croyante, je ne célèbre pas à Noël la naissance de Jésus, et je dois dire que la débauche de dépenses inutiles, de sapins jetés dans la rue dès la fête finie, de cadeaux et d’emballages éphémères a plutôt tendance à me faire de la peine qu’à me faire plaisir. J’ai également en tête que tout ceci est très récent, et ma mère me rappelle régulièrement qu’à son époque, elle recevait à Noël une orange pour tout cadeau, un fruit rare, cher, dont elle n’avait pas d’autres occasions de se délecter.

Nous qui avons aujourd’hui la possibilité de manger des oranges n’importe quand dans l’année, ne pourrions-nous pas retrouver un peu de cette sobriété dans notre manière de célébrer Noël ?

 

Retrouver une spiritualité autour de Noël

Le creux de l’hiver avec ses longues soirées et son climat qui invitent à davantage d’intériorité est une bonne période pour se recentrer sur ses objectifs, réfléchir à ses valeurs et mettre en place de nouvelles habitudes. Le solstice d’hiver peut aussi être vu, comme à l’époque romaine, comme le symbole d’une renaissance, d’une nouvelle année qui commence (avec quelques jours d’anticipation sur le calendrier utilisé aujourd’hui), et être l’occasion de se rappeler, avec gratitude, le bonheur que l’on a à être en vie.

Si Noël dans sa version commerciale et cadeaux en plastique par dizaines peut paraître moins porteur de valeurs et de spiritualité, cela reste un moment où l’on exprime, certes de façon mercantile, sa générosité et son amour pour ses proches. Notre tendance naturelle à l’empathie rend difficile – toute l’année, mais probablement de manière plus intense lors des fêtes de fin d’année, le fait de voir des personnes dans la pauvreté, souffrir de faim, de froid et de solitude, fuir des conflits armés.

Plutôt que de fermer les yeux et de sortir notre carte bleue dans de grands magasins de jouets, ne pourrions-nous pas profiter de l’élan de générosité créé par Noël, de la chaleur humaine et de toutes les bougies que nous allumons pour faire reculer la souffrance et la violence dans le monde ?

ce paragraphe devenait beaucoup trop sérieux

 

Quelques idées pour un Noël plus éthique

Je ne reviens pas en détail dans cette article sur les problèmes éthiques et écologiques posés par les activités commerciales qui entourent Noël, vous pouvez trouver beaucoup d’informations en ligne à ce sujet.

Quelques idées pour faire de Noël une fête qui garde sa magie :

 

1. Faire une liste de cadeaux et la diffuser à vos proches

En particulier si vous essayez de faire un peu de tri dans votre vie et d’éliminer de chez vous les objets inutiles, vous devez avoir une idée assez précise de ce dont vous avez besoin et de ce dont vous avez envie… Le but ici est d’éviter de se retrouver avec des objets qui vous déplaisent, qui vont venir vous encombrer, et dont vous hésiterez à vous débarrasser car ce sont des cadeaux.

voilà, ce genre de cadeau

Donc, non, il n’y a pas que les enfants qui font des listes ! Certaines personnes trouvent que cela tue la magie de Noël car il n’y a plus de surprise. Je n’ai pas l’impression que cela rende Noël moins fantastique pour les petits, au contraire, ils prennent beaucoup de plaisir à faire leur liste, et attendent avec impatience de savoir s’ils recevront ce qu’ils ont demandé ! Cela peut également être l’occasion de demander une participation à une cagnotte pour un cadeau d’un montant plus important.

Une manière de faire pour que des personnes de cercles différents ne vous offrent pas le même cadeau est de créer un document en ligne (par exemple un Google Sheet), dont vous partagez le lien avec les personnes qui ont l’intention de vous offrir un cadeau. En face de chaque cadeau (toi aussi tu as lu « chèque-cadeau » ?), les personnes peuvent ajouter une croix pour indiquer que l’idée est réservée. Et pour aller plus loin et maintenir la surprise, demandez à une personne de confiance de partager ce lien à votre place (vous n’aurez donc pas accès au document et ne pourrez pas voir qui coche quoi), et rendez lui le même service !

 

2. Se faire offrir et offrir des dons pour des associations

Cela peut paraître surprenant de demander à se faire offrir des dons pour des associations caritatives, mais c’est-ce pas finalement dans l’esprit de générosité et de compassion de Noël ? Si on décidait d’orienter ne serait-ce qu’1% du montant de nos achats de Noël vers des dons, cela représenterait 670 millions d’euros, rien que pour la France.

yes, you do!

Le philosophe-blogueur canadien Frédéric Côté-Boudreau explique dans ce très bon article (en français) les raisons qui le poussent à ne demander comme cadeau que des dons.

Point-bonus supplémentaire si vous intégrez la défiscalisation dans votre montant de don : par exemple si vous aviez l’intention de dépenser 20€ en cadeau, et que vous êtes imposable, vous pouvez donner 60€ et récupérer 66% de votre don, soit 40€, sous forme de déduction fiscale l’année suivante.

Et quitte à vouloir être généreux, autant le faire de la manière la plus efficace connue (un peu de lecture à ce sujet ici), en donnant à des associations parmi les ‘Top charities‘ mondiales. N’hésitez pas à dire quelques mots sur les causes qui vous tiennent à cœur, et à présenter les associations qui œuvrent dans ces domaines.

 

3. Oser questionner les traditions gastronomiques

Qui dit fêtes de Noël dit repas de Noël, et bien souvent plats traditionnels comme le foie gras, la dinde, etc. Et à l’heure où l’on célèbre la paix, l’amitié, la réunion, quel dommage et quelle tristesse de voir les dommages collatéraux que ces célébrations occasionnent…

Si votre éthique de consommateur·rice vous pousse à éviter d’acheter tout ce qui est fabriqué dans des conditions impliquant de la souffrance (industries qui bafouent les droits humains, produits polluants, produits responsables de déforestation, produits générateurs de gaz à effet de serre par leur fabrication ou leur transport, etc.), alors Noël peut être le bon moment pour décider d’étendre votre empathie aux individus non-humains. Comme en temps de guerre, décidez d’une trêve, et mettez des plats sans animaux au menu !

étendre ses cercles de compassion : démonstration

Si votre famille est réfractaire à l’idée de changer complètement le menu, proposez simplement un plat alternatif, et entraînez-vous à le réaliser avant le jour-J !

  • Plein d’idées sur le site de Marie Laforêt 100% végétal
  • Un e-book gratuit réalisé par Melle Pigut
  • Et encore d’autres recettes sur le blog d’Antigone 21

 

Et si, comme il y a plus de 16 siècles, on profitait du fait que Noël existe, soit férié, soit déjà l’occasion de se rassembler, d’exprimer notre compassion et notre désir de paix mondiale, pour réinventer notre manière de le célébrer ?

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